cible tirée par Alexandre Jameau (OFP), Frédéric Graillot (Nancy) et Laurent Lucot (Varangéville) au field de Strassen au Luxembourg le 1er Juillet 2012 distance 35 metres, blason de 60.

 
Evaluation des distances en Campagne
 
 
Comment évaluer les distances en Tir Campagne, avec l'équipement réglementaire 
 
Une part importante de la technique du tir campagne consiste à savoir évaluer la distance qui nous sépare de la cible, sur les distances inconnues.
 
Pour rivaliser avec les meilleurs archers, cette connaissance ne peut pas dépendre complètement de l'intuition, ou de l'évaluation du terrain, car ces méthodes sont trop  imprécises, et vous finirez par perdre de trop nombreux points. Un tireur Campagne devra trouver son propre moyen pour évaluer les distances, et il devra s'y entraîner comme faisant partie de sa technique de tir.
 
Les méthodes les plus précises sont basées sur des concepts géométriques, comme nous allons le voir. 
 
La plupart des systèmes utilisés, sinon tous, sont basées sur l'application du théorème de Thalès, selon lequel nous pouvons trouver la distance recherchée si nous connaissons la distance de la rétine de l’œil dominant à un élément de mesure (viseur, repose flèche, etc.), placé sur l'arc, appelé d, dont la largeur est appelée a, et la largeur de la projection de cet élément sur la cible comme vous pouvez la voir, ou qui peut être calculée (la taille de ce que vous voyez sur la cible) appelée A. Le rapport entre ces éléments vous donnera la distance de la cible, appelée D, en appliquant le rapport de similitude :
 
a / d = A / D 
ce qui appliqué à notre cas, sera :
campagne_thales.jpg
 
 
On utilise comme élément de mesure une quelconque partie réglementaire de l'arc, comme par exemple le repose flèche, le viseur, etc. 
Pour rendre ceci plus facile à comprendre, et pour éviter le besoin d'utiliser les mathématiques dans un parcours Campagne, c'est à dire pour obtenir la distance de la cible aussi simplement et aussi rapidement que possible, si la largeur de l'élément de mesure (a) est exactement un centième de la distance de l’œil à ce dernier (d) (par exemple le diamètre du viseur est de  8 mm, et la distance de l’œil à celui-ci de 80 cm) alors le rapport se réduit à : 
D = A * 100 
qui, si on exprime D en mètres, et A en centimètres, est : 
D (mètres) = A (cm) 
de façon que l'estimation de la distance D en mètres, se réduit à celle de la largeur de la projection de l'élément de mesure, A, sur le blason en centimètres. Cette connaissance de A est entièrement basée sur la supposition que nous connaissons la taille du blason. 
 
Par exemple si le blason sur le croquis à un diamètre de 80 cm de diamètre, A en couvrirait la moitié, plus une division et une moitié, c'est à dire 40+8+4 = 52 cm (chaque division est de 8 cm), et nous pourrions conclure que la distance à la cible est de 52 mètres. Si par contre, il s'agit d'un blason de 60 cm, A sera 30+6+3 = 39 cm (chaque division est maintenant de 6 cm), et la cible sera à 39 mètres. 
 
Ainsi l'évaluation de la distance est banale pour des blasons de 20 et de 40 cm de diamètre, étant donné que leur disposition réglementaire rend leur taille évidente. Par contre confondre un blason de 80 et un de 60 amènera à une erreur de calcul de la distance entre 10 et 15 mètres.
Erreur que nous ne pouvons pas nous permettre, ou nous ferons un 0. C'est dans ces cas-là que l'évaluation du terrain, la position de la cible, ou l'intuition et l'expérience de chacun peuvent être utiles. 
Le règlement FITA, qui est très sensible sur cette question, a coutume d'être régulièrement modifié, tous les deux ans, à l'occasion du Congrès, pour tenter d'éviter l'utilisation d'éléments de mesure. La vérité est que l'on y parviendra jamais, parce qu'il y a de très subtiles procédures, qui empêchent de s'assurer que l'on a accompli ou non une évaluation prévisible.
Anciennement, il était interdit de toucher le viseur après avoir armé et avant de tirer la première flèche, mais l'impossibilité pratique de le contrôler et les problèmes surajoutés que cette mesure introduisait ont amené à éliminer cette restriction. 
L'unique mesure qui nous assure de ne pas être admonesté par un juge, ni de gêner aucun autre compétiteur, et qui nous permettra de faire ce qu'il faut, est la discrétion. Que l'attitude adoptée dans le procède d'appréciation soit pas trop évidente, et le faire le plus discrètement possible. 
En définitive, c'est très simple, il faut à présent seulement s'entraîner et arriver à connaître parfaitement le procédé. On peut voir comment des tireurs d'un certain niveau font plus de points sur les inconnues que sur les connues. 
 
Bons tirs à tous pour cette nouvelle saison. Laurent, votre conseiller EST ARCHERIE